
edit au 16/10/25
depuis le 12 février 2025 le sérotype BTV3 est considéré comme enzootique, il n’y a plus de zonage évolutif sur le territoire. La maladie reste à déclaration obligatoire, sans conséquence néfaste, et avec l’avantage d’une éventuelle prise en charge de certains frais.
Dépistage
Toute suspicion clinique sur l'ensemble du territoire métropolitain doit immédiatement être signalée par l'éleveur à son vétérinaire sanitaire, qui procèdera aux prélèvements (sang sur tube EDTA) pour analyses de confirmation. En cas de confirmation, l'élevage déclaré infecté sera soumis à des mesures comprenant l'interdiction de sortie des animaux sensibles vers d'autres élevages pendant 90 jours.
Vaccination
L'intérêt de la vaccination contre la FCO-3 est de limiter l'impact clinique dans un troupeau, même si cela ne l'empêche pas complètement (= il y aura des animaux malades et potentiellement morts dans les cheptels vaccinés, mais moins que dans les cheptels non vaccinés). Au vu des caractéristiques du vaccin, l'idée d'une vaccination obligatoire en anneau et pour les mouvements est abandonnée.
La vaccination est volontaire, réalisable par l'éleveur (sur prescription de son vétérinaire traitant) et l'éleveur devra payer son vaccin.
Les vaccins étant sous ATU, la DGAL étudie encore les modalités réglementaires de vaccination par l'éleveur » – communication SNTGV (Sources : Communiqué de presse du Ministère de l'Agriculture du 31/07 et compte-rendu réunion FCO/MHE du 01/08).
» communication SNGTV
plus de lecture?
l’excellent « LeFil » publie le 09/08/24, article de Vincent Dedet :
« Le premier cas d’infection par le virus de la fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 identifié en France a été déclaré à l’Organisation mondiale de la santé animale le 6 août. Il s’agit de l’élevage ovin d’un particulier dont un mouton (sur les 15 de l’effectif), sans signes cliniques, a été confirmé infecté, la date initiale de l’infection étant le 30 juillet. Ces dernières semaines, le BTV-3 a traversé la Belgique, diffusé à travers l’ensemble des Pays-Bas et continué à descendre en Allemagne, jusqu’au Land de Hesse. Dans ces trois pays, l’infection était arrivée à l’automne dernier, et la vaccination est lancée depuis fin avril (Pays-Bas), courant mai (Belgique) et courant juin (Allemagne).
Nord, Aisne, Seine-et-Marne : des « suspicions »Logiquement, d’autres foyers de FCO à BTV-3 sont attendus en France. D’abord dans le même département du Nord que le premier foyer (à Marpent, commune d’Avesne-sur-Helpe, à une dizaine de kilomètres à l’est de Maubeuge). Ainsi, Le Monde rapportait le 8 août dans l’après-midi, la suspicion de 22 autres cas dans ce département. L’Union signalait qu’il y a aussi des « suspicions de cas » dans « trois à quatre élevages de l’Aisne ». Le quotidien régional cite aussi un responsable agricole qui « fait également état de “deux suspicions” en Seine-et-Marne ». Zone régulée initialeAu plan réglementaire, ce foyer ne devrait pas modifier significativement la zone régulée définie par le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire (MASA) le 31 juillet à la suite de la présence de foyers juste de l’autre côté de la frontière, en Belgique (voir l’illustration principale). La liste des communes correspondantes est en libre accès. « La mise en place de cette zone régulée conduit à restreindre les mouvements vers le reste du territoire national. Ainsi, pour être autorisés à quitter la zone, les animaux sensibles à la FCO (bovins, caprins, ovins), doivent avoir fait l’objet d’un traitement de désinsectisation dans les deux semaines précédant leur départ et avoir obtenu un test de dépistage négatif ». Toutefois, en cas de confirmation des suspicions en cours d’analyse, cette zone régulée devrait être largement étendue dès le 9 août. Vaccination à partir du 14 aoûtLe 5 août, le MASA a lancé une « campagne de vaccination volontaire », pour faire « face au risque d’introduction d’un nouveau sérotype de la fièvre catarrhale ovine en France depuis le nord de l’Europe ». Deux vaccins contre le BTV-3 ont obtenu une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) fin juillet, et fait l’objet d’une commande de l’État : · « 600 000 doses du vaccin BULTAVO 3 du laboratoire Boehringer Ingelheim, permettant de vacciner autant d’ovins, d’une dose chacun conformément au protocole vaccinal. L’immunité s’installe trois semaines après l’injection ; · 4 millions de doses du vaccin BLUEVAC 3 du laboratoire CZV, permettant de vacciner jusqu’à 2 millions de bovins (deux doses étant nécessaires par bovin). Le protocole implique que ces deux doses soient délivrées à trois semaines d’intervalle, l’immunité s’installant 21 jours plus tard ». L’objectif de la campagne est « de réduire les signes cliniques et prévenir la mortalité à l’intérieur de la zone régulée ». Elle repose sur une vaccination volontaire, possible par l’éleveur, avec un vaccin « mis à disposition gratuitement par l’État ». Le vétérinaire sanitaire désigné par l’éleveur « est mandaté pour effectuer et tracer la commande des vaccins dans le stock État et la délivrance pour les élevages situés dans la zone régulée ». Le MASA précise aussi que « une première livraison à la centrale d’achat mobilisée par l’État est prévue dès aujourd’hui lundi 5 août 2024, pour une livraison aux vétérinaires sanitaires qui procèderont aux commandes pour les éleveurs volontaires, à partir du 14 août. Une deuxième livraison sera effectuée le 31 août ». Signes sévères et mortalitéAu plan du tableau clinique, l’expérience publiée par les Pays-Bas sur l’automne dernier fait état d’une sévérité inhabituelle pour le virus, mais avec des signes classiques pour la FCO : chez les ovins, fièvre, léthargie, hypersalivation, ulcérations et érosions des muqueuses buccales et nasales, œdème facial, lésions de la bande coronaire, boiterie et mort. Pour les bovins, il s’agit de « fièvre, apathie, conjonctivite, écoulement nasal, érosions et formation de croûtes sur les lèvres et les narines, ulcérations et érosions de la muqueuse buccale, œdème du nez, inflammation du bourrelet coronaire et nécrose superficielle des trayons ». L’analyse des infections survenues entre le 6 septembre (première détection du virus) et le 5 décembre 2023 montre que chez les vaches, la chute moyenne de production laitière a été de 1 à 1,5 kg/vache/j dans les exploitations infectées et ne s’efface qu’à partir de 9 semaines après l’infection initiale. Pour la surmortalité, les deux impacts les plus nets étaient sur les jeunes veaux de moins de 2 semaines d’âge et surtout sur les bovins adultes (plus de 2 ans). Pour ces deux catégories d’âge, la surmortalité est surtout observée en élevages laitiers, avec une moindre différence pour les 1-2 ans en allaitant. À noter aussi que des cas cliniques d’infection par le BTV-3 ont été rapportés aux Pays-Bas sur des lamas, une chèvre et deux chiens. » |